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Samedi 27 juin 2009 à 12:42


                                                                                                Les mémoires
                                                                                             D’un analphabète



    C’est le matin dans le centre-ville, l’hiver est là depuis plus d’une semaine, il fait plus froid de jour en jour. Un  homme se réveille, et, la tête encore embrumée par le matin, commence à se préparer pour cette nouvelle journée. Après plus d’une heure, il est fin prêt, il ferme la porte de son appartement, et descend dans la rue prendre le bus. Tandis qu’il part gagner son pain, il croise sans même s’en apercevoir, un individu cherchant le sien au fond d’une poubelle. Lui, il n’a même plus de nom, il l’a oublié, ici, c’est inutile. Ses amis lui donnent des surnoms si le besoin s’en fait sentir, mais les occasions sont rares. Ses amis, ils sont comme lui, à la rue, la plupart ne savent plus depuis quand. Sa maison, elle ne le protège pas, elle n’est constituée que de fins cartons et de vieilles bouteilles en verre. Pleines, ces bouteilles sont le seul radiateur qu’il peut s’offrir. De plus, elles l’aident à oublier sa place dans ce monde, une place que cette ville s’empressera d’oublier après son départ. Alors qu’il cherche des restes de repas parmi les déchets, il trouve en fait tout autre chose : un vieux carnet encore vierge. Sale, usé par le temps, certaines pages déchirées ; ce carnet représentait cependant pour lui un espoir. Une chance infime de laisser une trace, une petite partie de lui-même après sa mort. Il fouille dans sa besace à la recherche d’un vieux stylo qu’il avait un jour trouvé parterre. Son arme entre les doigts, il pose le carnet sur ses genoux, et se prépare à tirer. Mais à peine la mine posée sur la feuille, il se rend compte que jamais, il n’a appris à écrire. Tant pis, ne pouvant placer des mots sur ces pages, il les dessine. Il décide de dessiner sa vie, celle de la rue, il décide de dessiner ce que les gens n’ont jamais voulu regarder. Il n’avait jamais dessiné non plus, mais ces personnages en bâtons étaient plus explicites que bien des ouvrages. Il dessina toute la journée, il n’avait pas mangé depuis plusieurs jours, et un dernier soupir vient alors clore son œuvre. Les quelques habitants du fond de la ruelle le regretteront ; avec son manteau, ils couvrent son corps, ils ne disent plus rien. Tandis que les nuages assombrissent  le ciel, les pages se collent les unes aux autres, l’encre s’imbibe peu à peu, et la pluie efface le cri de ce triste personnage.
                                                                                                                                                                           Mr.ED-209


Publié par Stone Licker ou Mr.ED-209

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